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21 novembre 2025SEEPH 2025 : La santé mentale au cœur de l’inclusion
Déclarée “grande cause nationale” pour l’année 2025, la santé mentale s’impose aujourd’hui comme un sujet central en France. Pour la 19ème édition de la Semaine Européenne pour l’Emploi des Personnes Handicapées (SEEPH), qui se déroule du 17 au 23 novembre, un intérêt particulier est porté à l'insertion professionnelle des personnes souffrant de troubles psychiques.
En France, plus de 3 millions de personnes vivent avec des troubles psychiques sévères et plus de 4,5 millions de personnes les accompagnent au quotidien. Pourtant, cette réalité reste souvent mal comprise, souvent confondue avec d’autres formes de handicap ou associée à des idées reçues tenaces. Dans le monde professionnel, les salariés concernés se heurtent à une double difficulté : vivre avec un handicap invisible et devoir composer avec un environnement professionnel rarement adapté. Dans ce contexte, les entreprises se positionnent comme des acteurs clé d’une société plus inclusive, capables de reconnaître la diversité des situations et de s’adapter.
Santé mentale et SEEPH 2025 : un enjeu national au cœur des débats
En inscrivant la santé mentale comme grande cause nationale, l’État reconnaît l’ampleur des souffrances psychiques et l’urgence d’y répondre. Cette décision intervient dans un contexte où les troubles anxieux, dépressifs ou bipolaires touchent un nombre croissant de personnes, influençant directement leur qualité de vie, mais aussi leur intégration sociale et professionnelle.
Grâce à ce pas en avant, un changement de regard sur les handicaps invisibles, et notamment les troubles psychiques, est en train d’opérer. Et c’est indispensable ! Le handicap psychique ne se voit pas, fluctue parfois dans le temps et impacte différemment chaque personne. Il peut se traduire par une fatigue accrue, des difficultés de concentration, des variations émotionnelles ou un besoin d’organisation spécifique. Pourtant, ces réalités ne sont pas synonymes d’incompétence ou de baisse de performance. Avec un environnement adapté, les travailleurs concernés peuvent non seulement tenir leur poste, mais aussi exceller dans des missions qui mobilisent créativité, analyse, rigueur ou sens relationnel !
Grâce à la reconnaissance institutionnelle de l’importance de la santé mentale des français, un climat plus propice à la parole et à l’accompagnement semble se dessiner. En effet, les entreprises sont encouragées à revoir leurs pratiques : formation des managers, amélioration des processus RH, adaptation des postes de travail ou encore renforcement des dispositifs de prévention… Cette prise de conscience collective permettra, à terme, de réduire les discriminations et d’offrir à chacun un environnement professionnel plus sain.
De son côté, la SEEPH consacre une place à part entière aux handicaps psychiques, encore trop méconnus. Au travers de ses campagnes de sensibilisation, des témoignages et des actions menées dans les entreprises, elle donne une visibilité nationale au sujet de l’insertion professionnelle des personnes en situation de handicap psychique. Les salariés se sentent davantage légitimes à exprimer leurs besoins, les responsables découvrent des solutions concrètes pour accompagner leurs équipes, et les organisations prennent conscience que soutenir la santé mentale n’est pas un coût, mais un investissement stratégique.

Mieux comprendre le handicap psychique pour mieux inclure
Pour favoriser l’inclusion en entreprise, il est essentiel de comprendre ce qu’est le handicap psychique, terme souvent confondu avec la maladie mentale ou le handicap mental. Par définition, le handicap psychique désigne la conséquence d’une maladie psychique (phobie, anxiété généralisée, peur panique, agoraphobie, bipolarité…) et peut être durable et épisodique, et fluctuer dans le temps. C’est justement cette dimension fluctuante qui pose souvent problème en entreprise, où les attentes en termes de régularité et de disponibilité sont fortes.
Même s'il peut entraîner de la fatigue, des difficultés de concentration ou encore des temps de récupération plus longs, il est important de rappeler que le handicap psychique ne compromet pas les compétences professionnelles. Au contraire, les personnes en situation de handicap psychique possèdent des qualités précieuses : sens de l’analyse, créativité, capacité d’empathie, résilience, fiabilité, ou encore esprit critique. L’enjeu est donc d’adapter les modes de fonctionnement pour révéler le potentiel de chacun !
Et la reconnaissance du handicap psychique dans le cadre de la SEEPH joue un rôle clé. Elle légitime la parole, facilite les échanges et rappelle que les troubles psychiques sont une réalité sociale, non une exception. En montrant que l’inclusion ne repose pas sur des solutions compliquées mais sur des actions simples, cette prise de conscience encourage les entreprises à réévaluer leurs modes de fonctionnement.
Mieux comprendre le handicap psychique, c’est avant tout accepter la diversité des expériences humaines. C’est reconnaître que chacun peut traverser des périodes difficiles, et que ces situations ne doivent pas être synonymes d’exclusion. En changeant de regard, les organisations ouvrent la voie à une inclusion plus juste, plus humaine et plus durable !
Des actions concrètes pour renforcer l’inclusion en entreprise
L’inclusion des personnes en situation de handicap psychique ne repose pas sur des dispositifs complexes ou des investissements importants. Elle dépend avant tout de pratiques managériales adaptées, d’un environnement de travail flexible et d’une culture d’entreprise ouverte à la diversité.
- La première étape consiste à créer un climat de confiance. Pour qu’un collaborateur ose exprimer ses besoins ou signaler une difficulté, il doit se sentir en confiance. Cela passe par un discours clair de la direction sur l’importance de la santé mentale, mais aussi par des comportements quotidiens : écoute attentive, non-jugement, confidentialité des échanges, et respect des rythmes de chacun. Un environnement bienveillant peut suffire à prévenir des situations de rupture ou d’épuisement.
- Ensuite, l’entreprise peut intégrer des aménagements de poste simples : ajustement des horaires, réduction de l’exposition au stress, clarification des priorités, possibilité de télétravail ou adaptation du volume de tâches. Ces ajustements ne sont pas des privilèges, ils permettent seulement d’aligner les conditions de travail sur les besoins réels des collaborateurs.
- La formation joue également un rôle déterminant. Il est essentiel de former les managers à la compréhension du handicap psychique, aux signaux faibles de mal-être et aux bonnes pratiques pour soutenir un collaborateur. Un manager rassuré, informé et mieux préparé se sentira plus confiant pour aborder des situations sensibles.
- Par ailleurs, les entreprises peuvent s’appuyer sur des partenaires spécialisés : associations, psychologues du travail, missions handicap ou médecins du travail. Ces acteurs apportent une expertise précieuse et accompagnent l’entreprise dans la mise en place de solutions durables. Ils peuvent intervenir sous forme d’ateliers, de diagnostics, de sessions de sensibilisation ou de dispositifs d'accompagnement individuel.
- L’un des leviers les plus puissants reste cependant la communication interne. En parlant ouvertement de santé mentale, en partageant des ressources, en valorisant des initiatives positives ou en diffusant des témoignages de collaborateurs, l’entreprise normalise le sujet. Cela contribue à briser l’isolement et encourage de nombreuses personnes à demander de l’aide ou à solliciter des aménagements qui améliorent leur quotidien.
- Enfin, l’inclusion passe aussi par une vision stratégique : intégrer la santé mentale dans les politiques RH, les évaluations des risques professionnels, les plans d’action QVCT et les démarches RSE. Ce n’est pas seulement un enjeu humain : c’est un facteur de performance collective, de fidélisation et d’attractivité !

