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Malaises mortels au travail : le rôle clé du Sauveteur Secouriste du Travail (SST)

Formation sauveteur secouriste du travail

Avec le lancement du Plan de Santé au Travail 2026-2030 (PST 5), le ministère du Travail fixe des objectifs ambitieux en matière de santé et de sécurité au travail pour les cinq prochaines années. Malgré un taux d’accidents du travail en baisse constante depuis plusieurs années, les mutations du monde du travail (technologiques, environnementales, organisationnelles) apportent avec elles de nouvelles problématiques pour les salariés.

Le nouveau PST 2026-2030 évoque notamment le taux inquiétant de malaises mortels survenant au travail. Face à ce fléau, le pouvoirs publics insistent auprès des entreprises sur l’importance de former des personnes capables d’intervenir en cas d’urgence. On les appelle les Sauveteurs Secouristes du Travail (SST) et leur intervention peut littéralement sauver des vies.

Le chiffre glaçant : 59% des accidents du travail mortels sont des malaises

Malgré l’amélioration de la prévention des risques dans les entreprises françaises, notamment grâce à des réglementations strictes et une évolution des mentalités, le nombre d’accidents mortels ne diminue pas depuis les années 2010. C’est pour cela qu’une des priorités du gouvernement est de pousser les entreprises à agir pour inverser la tendance.

La statistiques des malaises mortels : un bouleversement de nos certitudes

Un autre constat alarme : plus de la moitié des accidents du travail mortels sont liés à un malaise. L’INRS définit les malaises mortels comme “des décès survenus sur le lieu ou à l’occasion du travail sans cause externe identifiée (traumatisme, hémorragie, électrocution…)”.

59%

Selon les chiffres présentés dans le dernier Plan de Santé au Travail, 59% des accidents du travail mortels sont des malaises (malaise cardiaque, AVC, infarctus, défaillance respiratoire, etc.)

Pourtant, quand on pense à un accident du travail, on imagine une chute de hauteur, une blessure grave liée à une machine industrielle ou encore un écrasement par un engin de chantier. Mais la réalité est tout autre et vient bouleverser les certitudes. C’est pourquoi il est urgent de changer la façon de prévenir les risques en entreprise, et de prendre des mesures concrètes !

Le profil des salariés concernés par les malaises mortels

Le Plan de Santé au Travail nous donne des précisions sur le profil des salariés les plus touchés par les malaises mortels au travail (entre 2023 et 2025). Voici un aperçu des profils concernés :

  • Dans 88% des cas, les victimes étaient des hommes d’âge médian de 53 ans.
  • Dans 15% des cas, les victimes étaient des conducteurs de poids lourds.
  • Dans 8% des cas, elles étaient cadres et directeurs.
  • Dans 3% des cas, elles étaient agents d’entretien.
  • Dans 3% des cas, elles travaillaient dans les métiers du bâtiment.

Quand on connaît les facteurs qui peuvent accentuer le risque de malaise mortel, ces statistiques ne sont pas étonnantes. En effet, l’activité physique (manutention), les horaires atypiques (travail de nuit et posté), les ambiances thermiques (travail au froid et à la chaleur), la sédentarité ou encore le stress chronique sont des facteurs de risques professionnels dont les effets néfastes sur la santé sont bien connus. Dans ces cas, les malaises mortels peuvent alors trouver une explication dans l'organisation du travail, bien que ces paramètres ne soient pas les seuls à entrer en compte dans la survenue d’un malaise. 

Un autre facteur est à prendre en compte : la situation de travail isolé (travailleur isolé). Lors de certains malaises au travail, la victime pourrait être sauvée grâce à une prise en charge rapide. C’est par exemple le cas pour les victimes de crise cardiaque ou les AVC qui, s’ils sont pris en charge rapidement, peuvent être sauvées. Pourtant, les chiffres montrent que dans trois cas sur quatre, la victime d’un malaise mortel se trouvait isolée au moment de la survenue du malaise et n’a donc pas reçu l’assistance nécessaire.

 

Quelles actions mettre en place face à ces malaises mortels en entreprise ?

Face à ce constat alarmant du Plan de Santé au Travail 2026-2030, les entreprises doivent mener des actions concrètes. Lorsqu'un malaise cardiaque ou un accident vasculaire cérébral (AVC) survient, chaque minute compte : les chances de survie diminuent de 10 % par minute sans intervention (Source : Fédération Française de Cardiologie). Pour inverser la tendance et protéger vos collaborateurs, voici ce que vous pouvez faire dès aujourd’hui.

1. Former des Sauveteurs Secouristes du Travail (SST)

La première clé de survie en cas de malaise est l’intervention humaine. Si le Code du travail impose la présence d'au moins un secouriste “dans chaque atelier où sont accomplis des travaux dangereux” et sur certains chantiers où sont réalisés des travaux dangereux, le taux élevé de malaises mortels prouve que cette disposition ne suffit plus.

Former des collaborateurs au rôle de Sauveteur Secouriste du Travail (SST) permet de garantir qu'en cas de malaise, une personne présente sur les lieux est capable :

  • De reconnaître immédiatement les signes d'alerte (douleur thoracique, paralysie faciale, perte de connaissance).

  • D'alerter sans délai les secours (SAMU, pompiers).

  • De réaliser les gestes de premiers secours (massage cardiaque, mise en position latérale de sécurité, manœuvre de Heimlich) et d'utiliser un défibrillateur avant l'arrivée des secours.

2. Équiper l'entreprise d'un Défibrillateur Automatisé Externe (DAE)

En cas d'arrêt cardiaque, l'utilisation d’un défibrillateur associé à un massage cardiaque multiplie par quatre les chances de survie de la victime. Même si l'obligation d'équipement concerne principalement certains Établissements Recevant du Public (ERP), installer un DAE dans vos locaux et communiquer son emplacement (note interne, signalétique) est une mesure indispensable de prévention.

Il est également essentiel que vos salariés, et en particulier vos Sauveteurs Secouristes du Travail (SST), soient formés à sa manipulation et que l'appareil fasse l'objet d'un entretien régulier (vérification des batteries et des électrodes).

3. Secourir et protéger les travailleurs isolés

Les statistiques du PST 2026-2030 le disent : dans 3 cas sur 4, la victime d'un malaise mortel était seule au moment du drame. L'isolement est le pire ennemi du secourisme. Pour les conducteurs de poids lourds, les techniciens de maintenance, les agents d'entretien ou les salariés en travail posté de nuit, des dispositifs spécifiques doivent être déployés :

  • Les équipements DATI / PTI : Équiper ses collaborateurs de Dispositifs d'Aide au Travailleur Isolé est indispensable pour détecter une chute, une perte de verticalité ou une immobilité prolongée. En cas d’anomalie, le dispositif envoie automatiquement une alerte à l'employeur et aux services de secours.

  • Les procédures de liaison : Instaurer des contacts téléphoniques ou radio réguliers à heures fixes entre le travailleur isolé et un collègue. Par exemple, dans le cas d’un technicien de maintenance en astreinte qui intervient durant la nuit, il convient de s’assurer qu’il arrive bien sur le site et qu’il rentre ensuite bien chez lui.


4. Intégrer les facteurs de risque cardiovasculaire dans votre DUERP

Agir après le malaise est vital, mais anticiper sa survenue reste la priorité. Les facteurs organisationnels (stress chronique, travail de nuit, port de charges lourdes, travail en températures extrêmes, etc.) agissent comme des déclencheurs de malaises. Il est donc impératif de mettre à jour votre évaluation des risques professionnels afin d'y faire figurer ces contraintes physiques et psychologiques. Grâce à une aide à la rédaction du DUERP, vous pouvez définir des plans d'action adaptés : aménagement des horaires, limitation du travail isolé, alternance des tâches et sensibilisation à la santé cardiovasculaire (hygiène de vie, sédentarité).

 

La formation Sauveteur Secouriste du Travail (SST) : cadre légal, public et organisation

Le Sauveteur Secouriste du Travail est un maillon essentiel de la chaîne de secours. Il peut faire la différence entre un simple incident et un accident mortel en entreprise. Chez C’DEFI, nous avons à cœur de donner du sens à chacune de nos formations SST, de rendre les connaissances accessible, et de susciter l’envie de s’impliquer durablement dans la démarche prévention de l’entreprise.

En dehors du cadre professionnel, devenir SST représente un véritable acte citoyen. En effet, les savoirs acquis durant cette formation peuvent aussi servir dans la vie personnel pour réagir rapidement en cas de malaise d’un proche, d’un accident domestique ou d’un incident dans l’espace public. À l’issue de la formation SST, vous saurez alerter les secours, mettre en sécurité la victime et réaliser les gestes de premiers secours adéquats à la situation.

Qui peut devenir Sauveteur Secouriste du Travail ?

La formation Sauveteur Secouriste du Travail (SST) s’adresse à tous les salariés, quel que soit leur poste (salarié, agent de terrain, cadre, membre de la direction), leur niveau de qualification ou leur secteur d’activité (BTP, enseignement, commerce, etc.) En effet, elle permet d’acquérir des connaissances concernant les gestes de secours applicables en toute situation. Les stagiaires en apprendront également plus sur le rôle du Sauveteur Secouriste du Travail en entreprise et son importance dans la démarche de prévention des risques professionnels.

Tous les salariés peuvent donc passer cette formation sans aucune prérequis ou connaissances préalables. Aucune condition particulière n’est requise : durant la formation, vous apprendrez les techniques pour intervenir auprès de victimes de gabarits différents, auprès d’enfants et même auprès de femmes enceintes. Une seule condition est requise pour devenir Sauveteur Secouriste du Travail : avoir la volonté d’agir en cas d’urgence et de porter secours !

La formation SST est-elle obligatoire ?

L’Article R.4224-15 du Code du travail prévoit la présence d’au moins un salarié formé au secourisme dans deux situations :

  • dans tout atelier où sont accomplis des travaux dangereux,
  • et sur chaque chantier employant au moins 20 travailleurs pendant plus de 15 jours et où sont réalisés des travaux dangereux.

Comment se déroule une formation SST chez C’DEFI Formation ?

La formation SST initiale dure deux jours, tandis que le recyclage dure une journée. Elle alterne entre apports théoriques et mises en situation réelle, et aborde les sujets de la prévention en prenant appui sur l’expérience des participants. Chaque module aborde un thème précis : repérage des dangers, alerte, conduite à tenir face à une victime inconsciente, qui saigne abondamment, qui s’étouffe… Ces thèmes sont mis en concordance avec l’activité des stagiaires pour faciliter leur apprentissage et les impliquer dans la formation. Tout au long de la formation SST, les participants sont invités à poser des questions et à partager leurs expériences pour enrichir la formation avec des exemples réels. Afin de faciliter les échanges et la rétention d’information, nos formations SST se font en groupe de 10 participants maximum.

Vous souhaitez devenir Sauveteur Secouriste du Travail (SST), ou souhaitez former vos collaborateurs ?


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